PIERRE ROY CAMILLE – Earth wind & fire

prcCapture_d_cran_2012_04_13_09.40.20Capture_d_cran_2012_04_13_09.40.13Capture d’écran 2013-03-19 à 20.33.38
La galerie Since, nous convie à la découverte de l’univers de l’artiste Pierre Roy-Camille. Né d’un père mulâtre martiniquais et d’une mère occidentale française, Pierre est marqué personnellement du sceau du métissage.
La culture devient syncrétisme à partir de ses différentes racines tout comme son art assez indéterminable.
Il dessine avec une rigueur parfaite des lignes au feutre a l’huile  sur des feuilles A3 de papier photo jusqu’à produire des grands formats.
Les feuilles assemblées délivrent alors un paysage ou morceau de paysage avec une très grande élégance.
Une œuvre fragmentée, mélange de signes abstraits pour parvenir au formel, où affleure parfois l’accident (quelques petites marques de corrosion viennent ponctuer la perfection graphique de la mine du feutre sur la brillance du papier photo) et renoue avec le faillible, le sensible.

Volontairement indéfinissable évoquant  la gravure romantique dix neuvième siècle, l’estampe japonaise comme la photographie et le systématique d’une impression numérique, Pierre se réapproprie des codes appartenant à des cultures plus anciennes qu’il réinterprète par le filtre de la modernité.
Il offre une œuvre empreinte de  poésie, remarquablement exécutée, sous tendue par une idée de péril.
On sent la menace possible de submersion qui pointe sur le rideau moiré de ses  vagues.
Les roches s’assombrissent, le rocailleux  oscillent entre le sublime d’un désert, porteur d’infini  et le tranchant impitoyable de ses angles si l’on y chute.
Le paysage familier d’une foret, au premier abord féérique, renferme de façon ambivalente sa part de ténèbres.
La rondeur réconfortante, cotonneuse d’un nuage se meut progressivement au fil de son appréhension en une fumée que l’on devine toxique.
Un classique coucher de soleil rendu complètement graphique, les lignes géométriques qui témoignent d’une sorte d’explosion jouent sur la temporalité, ces phénomènes naturels en mouvement qui offre une apogée fugace.
Ayant vécu son enfance dans les îles paternelles, Pierre est marqué par la beauté et l’extraordinaire puissance des éléments naturels.
Le sujet du paysage est un choix contemplatif et personnel de témoigner son appartenance à la condition humaine, on ressent  sa présence immatérielle emplir silencieusement l’œuvre.
Le choix du morcellement permet de mieux l’aborder dans sa représentation, proche de la pensée Jungienne selon laquelle «  toute chose a une âme », avec la prédominance du symbole sur la psyché.

Capture d’écran 2013-03-19 à 20.33.13
Il compose un dessin minutieux, long et laborieux à exécuter, comme un voyage méditatif, qui n’est autre qu’un paysage intérieur dévoilé. Il aborde la mystérieuse question de préexistence du dessin.
Il se ressent animé par elle, maitresse exigente qui le possède et le contraint.
L’artiste investi se matérialise de façon presque mécanique en simple vecteur de son œuvre, une imprimante charnelle qui appose une suite de signes. La réflexion apparaît par la suite, reliant les visions personnelles et les chargeant d’une forte symbolisation.
A la fois simplifiés et très cadrés, les dessins nés d’un désir irrépréhensible, d’un souvenir personnel généré par l’émotion esthétique laisse place au regardeur.
Pierre souhaite alors s’effacer et offrir de part sa simplification et ses thèmes puisés dans l’inconscient collectif, la surface de projection la plus plane possible à l’œil venu découvrir, qu’il puisse s’approprier ces territoires vierges et y fondre son propre imaginaire. Le nom de son exposition est malicieusement nommée Earth, Wind and Fire.
Elle  témoigne dans son double référentiel à la fois tellurique et à la musique pop d’une volonté de n’ établir aucune échelle de valeur, de marier le primitif et la réflexion dans un subtil jeu d’aller retour.
L’exposition est complétée à l’extérieur de la galerie  par la création in situ d’une fresque sur l’un des murs de la petite place qui lui fait face, de façon à investir aussi le lieu d’exposition en s’adaptant a ses contraintes environnementales.
La sensibilité de Pierre manie perfection formelle presque froide de rigueur mécanique à la fragilité, ce mouvement  sourd qui renferme la possibilité angoissante de l’effondrement. La douceur contemplative qui nous enveloppe dans des bras presque romantiques se teinte d’effroi, aux sombres couleurs de jais et ou de pourpre. Il donne a voir une œuvre originale au delà de l’universalité de ses sujets, avec une poésie et une élégance extrême. Paradoxale beauté ou le minimalisme et l’ornement cohabitent avec justesse pour atteindre cette sublime quête d’intemporalité.

Pierre Roy-Camille : Earth, Wind and Fire
du 16 mars au 21 avril Since – Upian gallery, 211 rue Saint Maur 75010 Paris

562943_10150751776294274_91297179273_11449792_119428180_n

422487_3150659758824_1035005616_2972460_2045030637_n409707_10150751773429274_91297179273_11449773_963430326_n551849_10150751773949274_91297179273_11449776_1887967865_n

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s